Sur 168. Ça n’a pas été facile, mais voici ce que je retiens de circa 300 heures les fesses vissées sur un siège (sans punaises de lit).

20) Sang Froid

D’Hans Petter Moland. « Le meilleur film où Liam Neeson tue tout le monde », disait le blurb rieur. Mais il ne dit pas que Sang Froid est un autoremake américain, comme pouvait l’être Funny Games US en 2008. Si on occulte le montage financier, on obtient l’un des meilleurs revenge movies de ces dernières années. Cette fois, Neeson a perdu son fils, et il va déglinguer sa shitlist de péons en grosses légumes mafieuses. Tous ont des noms brefs et percutants, comme « Knuckles » ou « Nuggets ». C’est très ludique, fluide, et on ne s’ennuie jamais. Deux gardes se roulent un patin et on peut sentir une vague sur la défensive dans la salle. Assez chouette, l’une des bonnes surprises de l’année, et oui on ne fera pas un meilleur film de Liam Neeson qui tue tout le monde. 

19) Vie et mort de John F. Donovan

Là je sais très bien que je passe pour un gogole, mais si je vous dit que j’ai hésité avec The Lighthouse, chantre de la fiction scientifique vernienne, vous vous demandez si j’ai une concussion. Certes mais c’est

Par Xavier Dolan. Film unanimement mal-aimé, au métacritic rouge. Un métrage malade, resté des années durant sur la table de montage (ce n’est jamais un bon signe) comme abandonné dans le circuit de distribution la même année que Mathhias & Maxime. Mais c’est probablement le paragraphe le plus objectif de ce classement – ce film, je l’ai capté d’un bout à l’autre. Surtout parce qu’il y a un quelque chose de Bayona dans cette histoire de gosse qui entretient une relation épistolaire avec un acteur dans le placard. Et cet acteur, c’est Kit Harrington, qui est bien content de chanter Jesus Of Suburbia parce qu’on a pas encore diffusé la fin de Game Of Thrones et sa vie est un peu meilleure. Ok le film en fait des tonnes mais les critiques aussi, il y a un peu de posture. Je trouve ça charmant d’un bout à l’autre, j’aurais pu en manger une troisième heure, et ça se conclut sur Bittersweet Symphony. Écoutez.

18) Liz et l’Oiseau Bleu

Par Naoko Yamada. J’ai passé l’année à me demander ce que je pensais de ce film. À Annecy (2018 !) nous n’étions pas très contents, et nous discutions de yuri. Les Japonais ne capteront jamais, collectivement, ce qu’est être LGBT. Mais franchement, je ne sais même plus si c’est pertinent, et le vrai souci est surtout qu’il un poil chiant pour un film d’une heure trente quand même hein. Deux lycéennes qui répètent un morceau, dont le motif vient faire écho à ce qu’elles vivent tous les deux. Et là c’est la puissance d’évocation mon bon Milou. Rien de bien compliqué et ce n’est pas un film qui se perd en conjectures et prises de risques mais tout est clair et épuré dans Liz. La beauté plastique de ce film est cyclopéenne, et sa colorimétrie bleu piscine apaise. Les personnages évoluent, les leitmotivs aussi, la métaphore se déroule et l’exécution est du tonnerre. Pour une fois, faire simple c’est mieux. 

Et puis je suis teeeeellement reconnaissant qu’un film d’animation japonais ne se sente pas obligé de dépasser les 90 minutes. Ici, tout est raconté et calé avec p-r-é-c-i-s-i-o-n sans fioritures. 

17) Raoul Taburin a un secret

De Pierre Godeau. Un jour, le Jugement viendra pour ces films français qui parlent d’une nostalgie rance qui n’évoque rien à personne. Mon souvenir des choristes est trop vivide, quel enfer. Mais Raoul Taburin est l’un des rares a réussir son ambiance rétro, parce qu’il réussit à utiliser son matériau : Sempé. On est à des kilomètres des films Petit Nicolas précédents, neuneus et sans aspérité. Pierre Godeau a su capturer la magie du texte original, en faire quelque chose à l’écran, il a restitué le matériau. Avec des gosses ou avec des adultes, mêmes angoisses, mêmes histoires, que de jolies métaphores qui enchantent. Bravo, vous avez les compliments du conseil de classe. La présence de Poolvoerde et Baer, toujours à fond, n’obère en rien. 

16) J’ai Perdu Mon Corps

De Jérémy cLAPIN. 
156 000 entrées : la malédiction du Cristal d’Annecy n’est plus, du moins pour un an. Naoufel livre des pizzas et s’éprend pour une zouze. Dans une deuxième temporalité, on voit sa main se balader façon La Chose dans un Paris dès plus plus dégueulasses, par terre, entre les égouts et les rats. À la fin du film, on saura comment l’un a perdu l’autre. Ça tombe bien, toute l’histoire est une grande métaphore sur la perte et la séparation – l’autre n’est pas soi et peut disparaître à tout moment, même en pleine conquête, etc. Produite par Xilam et Marc Du Pontavice (of Oggy Et Les Cafards Fame) cette heure vingt sans fioritures joue avec la physique, l’espace et la gravité, comme le faisait Ponoc et son homme invisible diffusé lors du même festival. Ici on évoque la résilience la fameuse, et on le fait super bien. Cocorico s’il vous plaît. 

15) Midsommar

D’Ari Aster. Hérédité était un excellent film d’horreur, Midsommar verse davantage dans l’angoissant. Pour les images auxquelles tu vas être soumis – parce que tout ce qu’il s’y passe est très prévisible. C’est l’argument alpha du camp du contre, et je l’entends très bien, si on rajoute des personnages cons comme leurs pieds. Mais il y a un sens de l’ambiance, un je-ne-sais-quoi d’implacable quand tu es coincé dans une salle de cinéma avec ce film. Un LONG film, très poseur dans sa manière de faire lentement glisser sa caméra, avec une sacrée bonne photographie et un sens infernal du score. Comme être lumineux ET morbide ? Il y a quelques réponses là-dedans et elles ne sont pas agréables. C’est un potentiel film culte, mais je vais pas courir pour aller le revoir – surtout pour un film qui parle de l’explosion d’un couple. The sun ain’t gonna shine anymore

14) Proxima

D’Alice Winocour. Le film d’espace, sans espace. Ou plutôt avant l’espace. Ce métrage dissèque les relations entre une mère et sa fille avant que la première ne décolle vers une mission martienne de longue durée. Conséquence logique : beaucoup de seum. Il faut préparer le terrain pour la gamine (et un peu pour l’ex-mari, toujours là et cordial). Paradoxalement, le sujet est neuf, on apprend plein de choses sur l’entraînement des cosmonautes, il y a un score de Ruichi Sakamoto. C’est aussi posé que triste. Une mélancolie un peu amère, pour la science. La meilleure surprise des Utopiales 2019. 

13) Lilian

D’Andreas Horvath. « Lillian, échouée à New York, décide de rentrer à pied dans sa Russie natale. Seule et déterminée, elle entame un long voyage à travers l’Amérique profonde pour tenter d’atteindre l’Alaska et traverser le détroit de Béring. »

Je ne l’aurais pas mieux dit. C’est inspiré d’une histoire vraie – de New York à la Russie par la gauche à pieds, imaginez le délire. Voici le meilleur road-trip de l’année, de l’est vers l’ouest et à travers l’Amérique – c’est le destin manifeste, mais pour fuir et rentrer chez soi. Deux heures très posées, en majorité silencieuse, pour radiographier ce qui constitue les USA. Avec un prisme survivaliste, mais personnel, intestinal, tout en conservant une distance pudique avec son sujet. Lilian en dit beaucoup avec pas grand-chose, c’est une force dont peu sont capables. Des rencontres, quelques visages, des quidams bienveillants dans l’ensemble et une aventure intérieure super bien filmée. 

12) Ne Coupez Pas !

De Shin’ichirô Ueda. Je vais spoiler sans vergogne, mais comment alliez-vous le mater ? Du haut de ses cinq salles, je ne sais pas s’il a atteint le box-office à dix chiffres. 

Ne Coupez Pas est une subversion rigolote du found footage. La première demi-heure est un film de zombie scientifiquement naze, en plan-séquence avec son lot de longueurs et d’approximations. On dirait un film d’étudiants, mais d’étudiants en lettres ou en droit. La deuxième moitié montre le tournage du film, et on comprend les mille petits détails qui ont ponctué le début. C’est l’idée. Dans le générique, on voit des bribes du tournage du tournage. 

11) Portrait de la jeune fille en feu

De Céline Sciamma. Lui, dans les Césars à venir, il ne va laisser aucune chance à tout le monde, même si ce n’est probablement pas aussi évident que Jusqu’à la garde. Pour la peinture d’une relation amoureuse saphique, les premiers plans évoquent directement le romantisme, ça tombe bien. Pour nouer ces deux âmes, il faut traverser la mer. Elle doit tirer le portrait d’une fille sur le point de se marier, destinée à un aristocrate italien. Mais elle remplace au pied levé la première promise, sa sœur, qui s’est jetée de la falaise. Donc ceci (sur l’absence) et cela (sur ce qui a pu pousser le suicide de l’aînée). Et il faudra entretenir le mensonge pour cacher cet amour naissant. Ambiance Wuthering Heightspour ce film très intense, presque sans rôle masculin, mais dont la seule présence diégétique pèse sur les protagonistes. Ça raconte le mythe d’Orphée et Eurydice, comme pour prévenir de la grande tristesse – obligatoire – dont sera faite la conclusion : on vit tous en Enfer. 

10) Le Chant Du Loup

D’Antonin Baudry. 

Même si j’ai réussi à louper une bonne dizaine de minutes en sortant du mauvais côté de la gare de Rosa Parks. Un kilomètre et demi en plus, Google Maps. Tu m’as FAILLI. 

C’était l’occasion de retrouver l’UGC 19, toujours aussi grand et vide, pour commencer l’année de François Civil. François Civil dans ta comédie romantique, dans ton autre comédie romantique, puis François Civil dans un sous-marin. Entouré d’un casting parfois hors sujet, il m’est toujours difficile d’imaginer Omar Sy en capitaine DU REDOUTABLE, sous-marin atomique. Le rôle féminin ne sert à rien et c’est gênant. Et le Masque en a dit du mal, mais c’est une émission qui doit littéralement insérer un segment d’excuses une semaine sur deux. 

C’est tout pour les défauts. Le Chant Du Loup est une superbe expérience sonore, avec une photo et un sound design d’enfer. L’une des séances les plus prenantes de ces cinq dernières années, où le spectateur est investi, donc très tendu. Quel plaisir de voir du cinéma français un touuuuut petit peu déviant qui marche. 

9) Once Upon A Time… In Hollywood

De Quentin Tarantino, qui, promis juré, c’est l’avant-dernier film. Si c’est vrai – j’en doute – chaque seconde devient précieuse et profitable. Je l’ai vu avec une personne qui ne savait pas qui était Sharon Tate au préalable, et je me suis rendu compte que le film se reposait un peu trop sur ça. C’est un sacré ride – on te balade d’histoire en histoire qui restituent l’ambiance fantasmée d’Hollywood avant l’un de ses crépuscules (title drop). Des saynètes rigolotes en diable, on se paye la gueule de Bruce Lee, ça devise sans fin, ça fait du caméo, ça met en place la conclusion. C’est du Tarantino et on se demande quand la violence va exploser. Presque tout est plus léger, rigolo, lumineux. On est content d’être là, on fout ses immenses panards dégueulasses devant la caméra (mais argh quoi) comme s’il n’y avait pas de lendemain. Et pour cause : quand ça pète, c’est à des degrés cartoonesques. Elle est pas super triste et nostalgique cette conclusion ?

8) Douleur et Gloire

De Pedro Almodóvar. Je ne peux le croire avec du recul, mais je n’ai pas compris de quoi parlait ce film avant la toute fin. Dormais-je devant les milliards d’indices ? Un film sur un réalisateur espagnol torturé, qui éprouve ses premiers émois homosexuels et tombe dans la drogue ? Et surtout, une relation complexe avec maman, de quoi deviser sur le sujet dans XXX films ? Je ne me souviens pas avoir tapé le carton pendant la séance. Je crois que j’étais encore hypnotisé par Sybil, ma séance précédente. Mais quelle belle journée c’était pour glander devant un écran.

Douleur et Gloire est un petit chef-d’œuvre, mais il ne m’atteint pas beaucoup (et c’est une chance, pour le moment). Mais j’ai pu faire connaissance avec lui. Ça sonnait comme un privilège. 

Anecdote bonus : tout du long, je n’ai pas reconnu Antonio Banderas. Le poids des années se subissait aussi de l’autre côté de l’écran, je crois. 

7) Bacurau

De Kleber Mendonça Filho et Juliano Dornelles. Film incroyable. Qui ne peut être cru. Je m’explique : il installe une ambiance lunaire, à deux doigts de basculer dans le fantastique, on ne sait jamais ce qu’il va se passer. Ça pourrait tourner en film de zombies à tout moment, et pour cause – ça sent le réalisme magique, ça a l’odeur du réalisme magique, et le lieu est aussi un bon indice. Un village, une matriarche qui meurt, un lieu qui n’est jamais sur une carte. Ça pose une ambiance, et boum : un coup de feu qui part sans prévenir et la deuxième partie commence. La violence explose. Il y a un clone de Terry O’Quinn. J’ai pas à en dire plus, il faut voir ce film sans rien savoir. 

6) The Art Of Self-Defense

Par Riley Stearns. … propulsé en DTVOD chez nous, il fallait chiner en festival pour le voir en salles. C’est dommage, des comédies pince-sans-rire un tout petit peu moins bonnes (Sorry To Bother You qui échappe de peu à ce top) ont eu plus de chance.

Ici, Jesse Eisenberg est un mec super médiocre. Il se fait agresser en rentrant chez lui, et devient obnubilé par le karaté, du genre à porter sa ceinture jaune au taf, par-dessus le pantalon. Son dojo ressemble à un culte, et il veut intégrer les fameux cours du soir, parait-il bien plus musclés. À partir de là, ce serait spoiler. 

C’est la métaphore de la masculinité la plus lol que vous verrez cette année. Sujet qui ne devrait pas être exclusif aux podcasts. Dans TAOFD, il y a cette culture du moment en trop, du timing volontairement pété, ce petit sentiment de gêne qui ne vire jamais à la cringe comedy. Un introverti peut-il devenir un karatéka sûr de lui en deux-deux ? Peut-on faire aveuglément confiance au premier venu ? Eh bien la réponse est non, comme ça vous pourrez finir votre journée tranquille. 

Notez que vous retrouverez bientôt le duo Jesse Eisenberg/Imogen Poots dans Vivarium, une comédie high-concept assez cheloue.

5) El Reine // Le Traître

De Rodrigo Sorogoyen et Marco Bellocchio. Ces deux-là n’ont pas grand-chose en commun et j’ai du mal à les dissocier. Respectivement l’histoire d’un homme politique qui s’enfonce toujours plus loin dans une affaire de corruption et un mafieux qui se range et balance tout son monde, non sans heurts. Les deux scripts sont, en un sens, diamétralement opposés. Mais un peu comme l’intégralité des films-chinois-de-criminels-belle-photographie-plot-chiant qui arrivent chez nous, ils racontent la même chose : une catabase. Et ce sont deux personnalités qui portent le truc. Dans El Reino, Antonio De La Torre (toujours lui !) renierait femme et enfants pour couvrir ses fesses, un truc qu’on finira par comprendre lors d’un long plan-séquence dans une fête qui tourne au vinaigre. Coté italien, pas de dispositif technique particulier mais je suis incapable d’oublier cette scène d’attentat à la voiture piégée… depuis l’intérieur de ladite voiture. Et une armée de mafieux qui font tout pour pourrir un procès et le changer en crique. Mais dans l’absolu, deux égos surdimensionnés autour desquels gravitent un tas de personnages frappadingues, pleins de morts et de seum et d’années de prison qui se perdent. El Reino a un plan final par-fait. 

4) Ad Astra

Par le putain de James Gray.

Film d’espace introspectif avec Brad Pitt par James Gray (The Lost City Of Z qui a enchanté mon année ciné 2017) tout en lenteur et en mesure. C’était fait pour moi, je l’ai capté d’un bout à l’autre. Il me semble que c’est aussi le seul film que j’ai revu en salles cette année. 

Brad Pitt a des daddy issues, et il va jusqu’à Neptune pour les résoudre. C’est lent, profond, avec un chouette score et de belles images. Il fait une cascade spatiale un peu improbable et ignore les règles de sécurité – ça n’aura pas beaucoup de conséquences, dites – mais le voyage est d’un romanesque qui n’a pas fini de m’émouvoir. Cette salle insonorisée est allée se nicher dans ma tête à coté du dernier plan de Blade Runner 2049. Tout film américain qui parle posément de Dieu et de son absence a toujours une petite place spéciale pour moi. 

L’Extraordinaire Voyage de Marona

(Sort aujourd’hui, donc en 2020. Hors sujet !) 

3) Sibyl

De Justine Triet. Elle romancière (Virginie Efira), puis psy, puis a assez de matériel pour se remettre à écrire. Elle plaque donc tous ses patients, mais reçoit un appel désespéré d’une actrice (Adèle Exarchopoulos,) dans un sacré pétrin en plein tournage. 

Sibyl a l’avantage d’être un très, très noir. C’est un film profondément dépressif qui raconte la trajectoire d’adultes pour qui tout est sorti des rails. De temps en temps, il y a une pointe d’humour – un tournage sur un bateau qui tombe à l’eau d’exaspération, plouf – mais dans l’ensemble c’est capté et dialogué comme du Honoré en bad. Et c’est giga bien. Mais ça me fend le cœur. La dernière réplique de ce film me fait trop mal. 

2) Les Enfants de la Mer

D’Ayumu Watanabe. Elle fait du volley, s’emmerde un peu, va à l’aquarium, fait la connaissance de deux étranges enfants qui ne s’épanouissent que dans l’eau de mer et !!!!!!!

J’aime ce film pour ce qu’il est et pour ce qu’il représente. Je me suis fendu d’une longue critique sur le sujet, je vous laisse la lire. Je trouve ça prodigieux d’enfin sortir des habituelles soupes pour sortir un truc radical, qui ose, qui utilise le médium pour proposer quelque chose qu’on n’est pas sommé de comprendre. Oui, évidemment qu’il y a un délire matriciel, je le vois, je le capte, elle rentre quand même dans un utérus géant la fille, je ne suis pas aveugle. Et je n’ai pas détalé à la première seconde du générique (même les spectateurs en séance presse le font). C’est beau, censé, risqué, et Eurozoom a perdu à moitié son pari et quelques billes avec. C’est vraiment trop con. Maintenant, plus qu’à espérer un miracle et trouver les mangas pour la version longue, ici adaptée avec un minutie impressionnante. Ce souci du détail dans les yeux, la commissure des lèvres, ce ballet aquatique et céleste, cette représentation du micro et de l’infini, une armée d’animateurs l’ont fait. Et Watanabe m’a sorti un spiel sur le sujet, que j’espère sincère, ahem. 

N’oubliez pas : c’est un conte écologique moderne (mais aussi un hymne mystique à la nature). 

1) Parasite 

Par Bong Joon-ho mais ça, vous le saviez. Pour la deuxième fois d’affilée, je mets la Palme d’or, asiatique, en haut de ce classement personnel. Parce que c’est un film très fun, très ludique, vaguement de genre. Suffisamment pour qu’un tel prix soit étonnant. Parasite est extrêmement limpide dans son récit, dans cette façon de raconter un piège qui se resserre progressivement. Mais aussi pour cette manière parfaite de filmer, où tout est réglé avec un timing au micropoil. Éminemment politique aussi, avec la grande marotte du monsieur – la lutte des classes. Passive, intestinale, subie. Où l’on est littéralement plus bas que terre et où l’on baigne dans sa merde. Son dernier acte est juste un peu bordélique – sinon c’est implacable. Cette maison, conçue et dessinée par BJH (qui a dessiné tout le storyboard) est inoubliable. J’ai pris un plaisir rare devant et son montage est parfait.

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