En route, mauvaise troupe. Après vingt mois de pause, il est l’heure de boucler cet immense bazar que Martin ne veut manifestement plus clore lui-même. Et je ne peux que comprendre. Le bidule est devenu incontrôlable, et ce sont maintenant D&D qui ont ce terrifiant pouvoir. HBO ET une montagne de menaces et de NDA qui feront abattre les sept enfers sur le premier gus qui fera fuiter un atome de script – fait unique dans le medium, le titre de l’épisode n’était pas disponible lors de la diffusion originale.

Attendez, l’épisode n’a même pas commencé que je dois nerdgasmer sur deux trucs. Le recap – et ses notes de piano tristes ou, parfois, sa guitare indus, j’ai toujours adoré ce décalage – est un monstre de montage et de maîtrise. Il doit obéir à deux consignes : faire son taf pour rafraîchir tout ce qui doit être rafraîchi dans nos têtes, mais avec uniquement des images où tout doit résonner dans l’épisode à venir. Rematez-le maintenant, vous allez voir, c’est épatant. J’ai eu une petite épiphanie pour cette histoire d’arbalète.

L’iconique générique est entré dans sa phase finale. Pragmatiques, les génies (et petits malins) (mais génies quand même) derrière se sont dit « quitte à se limiter à deux spots et demi sur l’épisode, autant bien les revisiter ». Ils savent très bien qu’on allait scruter le moindre détail, ils ont tout relifté. L’astrolabe abandonne l’histoire « ancienne » et s’est mis à jour, le mur est éventré (apu ce fichu ascenseur), matez-moi ces petites dalles qui se retournent pour symboliser la progression des affreux, mmmh. Et ce petit tour operator à travers Winterfell et King’s Landing ? J’espérais, comme tout le monde, la même avec une ville en plus – Volantis, en l’occurrence, même si on s’en fout bien d’Essos. Plus qu’à prier les Dieux des Détails Qui N’importent Qu’aux Nerds qu’on aura des focus différents à chaque épisode. Vu la preview du suivant, c’est pas gagné.

Avant toute chose, j’aimerais parler de zizis.

Je me demande bien quel sera le premier dialogue de cette saison ! Regardons ensemble.

Je suis vraiment content qu’on ai bien rappelé que Tyrion est un nain et que Varys est un eunuque parce que c’était vraiment des faits trop peu évoqués dans l’histoire de la série. Ou alors c’était pour nous rappeler qu’on est bien devant Game Of Thrones et pas Maggie ou Parker Lewis Ne Perd Jamais. De toute évidence, ce retour de série est discret et pas du tout discuté sur Internet, il fallait ce genre de marqueurs narratifs importants.

Je vais pas me la jouer Ser Petit Malin pendant des siècles, mais ça m’évite d’écrire mille fois la même chose : des personnages se croisent et se recroisent enfin, après des années de bait & switch. Don Bluth serait fier. Vous pouvez vous amuser à compter les parallèles : John Donovan et Bran se retrouvent enfin et se font le même petit kissou sur le front, etc. Répéter opération avec tous les Starks pas trop cons pour survivre huit saisons, ça fait quand même factorielle trois scènes, donc six scènes. Tout le monde retrouve son rôle de la saison 1, même Gendry est là, ils sont tous là.

C’est compliqué la belle-famille, et le courant ne passe pas fort entre Daenerys et Sansa. Cette dernière est toute fâchée et envoie Ned Umber (nouveau personnage !) voir là-bas à Last Hearth s’il y est (oups il est déjà mort). Les gens du Nord ne sont pas ravis de constater que les couronnes aussi sont éjectables, et les Glover s’en vont fait leur contre-croisade en solo parce que personne n’arrive à prendre une décision raisonnée dans ces foutus murs. Même Tyrion et Sansa peuvent s’adonner à un passif-agressif jutsu plutôt tendre. Je t’ai laissé à ta mort certaine lors d’un mariage sanglant, mais tu a eu la courtoise de ne pas me traiter comme une chose lors d’un autre mariage arrangé. Quelle vie.

Idem pour John Donovan et Arya. Un gros câlin. Des comparaisons d’épées. 🍆 et un regard « Just Stark things » qui veut dire « pendant que t’étais occupé à ressusciter j’ai eu droit à un training montage de trois saisons et je suis devenu une ninja. Enfin, une ronin, j’imagine. » Quelle vie. C’est mignon en diable et je sais que vous aussi avez versé une larmichette.

<3 EURON GREYJOY <3

Pendant ce temps, à King’s Landing, Cersei tue le temps comme elle peut. Elle se fait posséder par Littlefingers et passe son temps à regarder des trucs – au milieu des pièces, c’est son petit style. Et puisqu’on parle de petit style, j’aime beaucoup celui d’Euron Greyjoy, même s’il a les fâcheuses tendances à 1) trop Jack Sparrower et 2) à être au centre des pires trous scénaristique de l’épisode.

Comment Theon trouve-t-il la flotte sachant qu’Euron était sensé retourner chez lui ? Mais Euron Greyjoy s’en fiche de tout ça, il a tout, obtient tout, et veut absolument la couche royale car c’est Euron Greyjoy, ce qu’il finira par avoir à coup de pick-up lines. Saison 1 tout le monde : bébé incestueux qui sert de levier et relation nulle pour passer le temps. Si l’Histoire ne se répète pas, elle rime ardemment.

Cersei en train de faire des trucs de Cersei

Je peux pas m’empêcher de noter que les monteurs aussi sont des malins : ils articulent deux scènes de sexe en cuttant entre Lena Headey et Jerome Flynn, qui ne se saquent pas après une relation ratée sur le tournage. Mais grâce à Bronn qui se paye un peu de chose tarifée, on fait cette fois un retour méta sur les fondations de la série et ses fameuses scènes de sexe gratuites. Regardez, il est avec trois animes Crunchyroll et elles ont l’air de s’emmerder grave. Mais stop, storytime : Qyburn apparaît avec une jolie arbalète tueuse de personnages ronchons et un beau badge de premier ministre. Il lui rappelle que l’or a toujours été son meilleur pote. C’est l’heure de faire fratricide 1 et fratricide 2. Mais l’un des deux est son BFF, terrible conundrum moral pour Ser Bronn de la Néra, Lord de l’Ironie (et des animes Crunchyroll).

Hop vous avez cligné des yeux et loupé Theon qui sauve sa sœur Yara c’était rapide cette histoire.

Sale ambiance dans le nord : tout le monde fait la gueule, il fait froid, les affreux viennent semer terreur et destruction et les dragons ne veulent pas manger. L’occasion parfaite pour Dany et John Donovan d’imiter la meilleure suite de Disney de l’Histoire : Bernard & Bianca Au Pays Des Kangourous. Une belle chevauchée que me fait oublier ces infameux effets spéciaux dès que les dragons sont dans le cadre. Vous avez vu quand il a grimpé sur le sien ? Et comme il avait l’air tarte à regarder un morceau de canapé vert ? Ça me hante. Hey d’ailleurs, John Donovan, seuls les Targaryens peuvent chevaucher les dragons, ça devrait te mettre la puce à l’oreille. Et les deux de roucouler devant une grotte où il pourraient « rester un millénaire », parce que c’est toujours chouette d’évoquer des exs devant ta nouvelle régulière.

Un épisode de Game Of Thrones serait incomplet sans un allumni de Skins, et voilà Gendry qui forge des trucs. Arya vient s’abonner à son Patreon (vous devriez faire la même chose !) et lui fait une petite commission d’arme double-lame coton-tige qui aurait davantage sa place dans la prochaine saison de Takeshi’s Castle. Gendry, qui a son ticket, ne doit pas nous détourner de ces belles retrouvailles avec The Hound, où le passif-agressif-jutsu-ninja reprend de plus belle. On ne me retirera pas l’idée que le meilleur duo comique/picaresque de GoT était Jaime et Brienne, mais ces deux-là ils sont bons dans ce qu’ils font.

Retour au drama, et voici l’heure d’essuyer quelques conséquences. N’oubliez pas les thématiques qui entourent Dany : toujours considérée comme une étrangère, et incapable de prendre en pitié. Elle tombe sur Sam (qui s’est téléporté à Winterfell sans dire bonjour à John Donovan) et ne prend pas de gants pour dire que papa relou et oni-chan BG sont passés, littéralement, à la casserole. John Bradley est d’enfer dans cette scène. Et Sam d’enfin (! ENFIN !) tout balancer à John Donovan Targaryen, trop occupé à ne pas pouvoir accepter un truc qu’il sait déjà, mais sans encore piger l’inceste dans la chose. Rappel des titres : on l’a nourri des mêmes mensonges toutes sa vie, et il s’avère qu’il est le candidat numéro 1 au trône. Encore une fois, amusez-vous à retrouver la scène identique avec Robert dans la saison 1.

Mais voici enfin des bonnes nouvelles : Dolorous Edd est vivant ! Il retrouve Beric Dondarrion qui, souvenez-vous, n’a plus son duo pour le ressusciter – maintenant il est en mode hardcore comme nous tous. À Last Hearth, surprise, le gosse Umber envoyé à sa mort est mort, mais au moins il est le centre du dernier mandala des marcheurs blancs.

No shit

In other news, Ser Inceste Heel-Face Turn, Jaime Lannister, arrive incognito à Winterfell. Il est accueilli par un Bran très soigneux dans son effet dramatique. Deux jours plus tôt, il était déjà là à attendre « un vieil ami », CQFD. La dernière fois que les deux personnages ont interagi, c’était lors du Pilote diffusé il a huit ans, quelqu’un a perdu ses jambes et un autre a déclenché un conflit global. Il va falloir quelques parties de Jungle Speed pour briser la glace.

Et à part ça, quoi de sensass’ ?

S’il ne devait en rester qu’un, ce serait Jorah Mormont. J’aime les figures romantiques, j’aime les figures romanesques, j’aime les figures tragiques. Et Twitter ne me croyais pas quand je ne le voyais survivre aux saisons précédentes. ET TOC TWITTER. Jorah Mormont et toujours là, plus qu’à prononcer des lignes de dialogue.

Le Poulidor serait Davos et sa démarche de canard.

Vraiment, merci Games Of Thrones de nous donner l’opportunité de savoir à quoi ressemble un regard de dragon qui fait « TOI TU FAIS GAFFE AVEC MOMAN »

Agrougroum John F. Donovan


One Comment on “Game Of Thrones 801 – Winterfell

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