Du coup je le redis : BH est la seule série que je connaisse qui s’améliore à chaque saison sur cinq ans. Dernière fournée (ouin) divisée en deux parties (c’est sans doute lié aux soucis structurels rencontrés par l’équipe de production qui s’est syndiquée fissa, ces évènements sans doute eux-mêmes liés à l’arrêt de Tuca et Bertie, où s’arrête la spéculation où commencent les faits où se terminent les phrases interminables c’est maintenant). Plus de gimmicks pour faire tenir une saison mais, je l’espère, plein d’autres bons épisodes-concepts à venir ! Début 2020, Bojack Horseman sera la dernière série Netflix Original originale à s’arrêter, et on pourra tous retourner à nos animes en 3D moche. Sauf High-Score Girl qui est moche mais ça va. L’enjeu étant, pour le show, de réussir le run parfait : toujours s’améliorer et s’arrêter quand il le faut.

Trois (3) personnes m’ont demandé si je pensais que la série allait se conclure sur BJ qui se fait sauter le caisson. Quelle horrible façon de penser. Dès le premier mot prononcé sur cette saison, il est clair qu’on adresse enfin les points de scénario un peu laissés en suspend, donc qu’on va définitivement travailler sur la psyché des persos et qu’on peut espérer quelque chose d’un peu positif, même si on a eu un lustre entier pour saisir l’idée : BJ a eu une enfance merdique, une famille peu aimante et des ancêtres incapable de gérer leurs émotions. Et je ne vois pas en quoi une fin dépressive serait dans l’ADN de la série Bojack Horseman. Elle est, la plupart du temps, surtout mélancolique, la dépression est un sujet ponctuel.

La mauvaise nouvelle, c’est que si la série commence à raccorder ses trous, c’est donc belle et bien qu’elle va se terminer. Rappel des titres ; Il y a trois ans, BJ a assisté à l’overdose de la gosse-actrice qui lui donnait la réplique, Sarah-Lynn, dans ce fameux planétarium. On sait enfin qu’il s’est donné le bon rôle aux flics et qu’il a menti sur les origines de ce drame, on ne nous montre probablement pas ça au hasard.

ORDONSQUES, BJ rentre en désintox, et on va savoir pourquoi Bojack Horseman est devenu Bojack Horseman. Étape numéro un : Pastiches, la clinique au logo qui ressemble étrangement au zozio de Twitter à 100 000 balles les six semaines (où les chambres ne sont pas fournies avec un sac gratuit de 90 000 balles). La thématique du jour est donc : le cycle. (Ce pourquoi on a squizzé le générique pour une fois, l’avez vous ?)

Thérapie montaaage~ c’est le thérapie montage. Horsothérapie montage. longue route à gravir vers « la montagne des métaphores », tout ça rentre un minimum mais on constate que c’est, dans les largeurs, du flan, que BJ fait sa petite touche d’humour jaune ou de cynisme réglementaire dès qu’il s’agit d’aborder le moindre truc personnel. Je ne sais pas si c’est volontaire, mais les habituelles blagues-namedropping-de-stars sont les éléments les plus faibles de cet épisode, en tout cas c’est logique.

Et à la question « comment devient-on alcoolique », il dit la vérité quand il avoue que ça a toujours été un choix personnel, dans un espèce de concours du « jusqu’où va-t-on remonter dans le temps ». Sur le plateau de Galipettes en Famille, quand une assistante lui met un peu de vodka dans son jus d’orange – un screwdriver pour les anglophones – pour le détendre dans une scène difficile à tourner. Quand il surprend son père en train de Bill Clintonner une secrétaire, quand il boit de la bière ado pour être cool à une fête (et se mettre à dos une zouze qui avait le béguin pour lui, rare séquence peu subtile de cette série qui rappelle le funeste « épisode bière » de Buffy) puis, carrément gosse, quand il rentre chez lui et ne trouve que ses parents aux fraises et une bouteille de vodka.

Et l’idée de l’épisode, parce que c’est une série subtile et parfois un peu moins, c’est de recréer la dynamique qu’il avait avec Sarah-Lynn mais avec une autre gonzesse en thérapie nommée Jemison. C’est en fuyant avec elle qu’il va montrer le plus de maturité face à ses propres démons.* Mais au lieu d’exploiter cette relation, il évolue. Et nous d’avoir une scène rigolote avec un appartement rempli d’objets iconiques de cinéma et plein de gags-mitraillette. (Attention, l’épisode 2 est ceinture noire du genre).

L’occasion de rappeler que, hey, il y a aussi quatre autres personnages principaux et ils évoluent bien plus vite que notre antihéros. Je regrette bien de n’avoir pas trouvé le temps de palabrer sur Todd, sa fulgurante ascension à QuelleHeureEstIlDotCom, brisée par Henry le robot sexuel qui, surprise, a fini par molester.

Bref, plein d’entrechats pour prouver qu’il y a du changement et pour mettre une bouteille de vodka entre les mains de BJ, qui va se retenir et faire preuve de self-control pour quelques minutes, rien de plus. Et ça, on l’a déjà vu. Même dans sa manière de briser les cercles vicieux, c’est un peu répétitif, et il n’est pas anodin de constater qu’un épisode est un poil plus faible quand il se concentre sur son personnage titulaire, c’est un bon indice. C’est pas grave, on peut passer à l’épisode Princess Carolyn, je lis en vous comme un livre ouvert les scénaristes !

*Il faut vraiment que cette phrase soit écrite à quatre heures du matin pour user d’une parabole aussi naze

Ok ça m’a fait rire

  • Le gag animalier du jour : les conséquences naturelles quand un moustique te roule un patin
  • « I sure as hell I hope so » merci de faire des structures improbable à la japonaise pendant mon apprentissage des bases, c’est vraiment sympa.
  • Princess Carolyn, maintenant daronne, a exactement le même train de vie mais en balançant un berceau en même temps
  • Celle-là, j’ai du la recopier. « You’re telling me your dumb drone downed a tower and drowned Downtown Julie Brown’s dummy drum-y dum-dum-dum-dum, dousing her newly-found goose-down hand-me-down gown? » J’espère qu’Amy Sedaris est bien payée.

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